Coalition Solidarité Santé

La santé, c’est un droit. Comme peuple, nous avons déjà fait ce choix !

LETTRE AUX CHAMBRES DE COMMERCE DU QUÉBEC

Le 21 mai 2018, la Coalition solidarité santé a adressé aux Chambres de commerce du Québec la lettre suivante, une deuxième sur le sujet, les enjoignant à faire d'un régime entièrement public d'assurance médicaments un dossier incontournable pour tout nouveau gouvernement élu le 1er octobre 2018.

 

"Objet : Relance – vers un régime entièrement public d’assurance médicaments au Québec

 

 

Bonjour, 

Il y a quelques mois, nous vous écrivions une lettre demandant un appui pour l’instauration d’un régime entièrement public d’assurance médicaments au Québec.  Nous joignons la lettre d’origine en annexe de la présente. Nous savons que plusieurs d’entre vous ont entamé des démarches d’appui par la suite. La présente lettre est une relance, dans un contexte où votre prise de position en faveur d’un régime 100% public d’assurance médicaments trouverait sans aucun doute une oreille attentive auprès des différents partis, surtout à la veille d’élections générales au Québec.

Le momentum est plus que favorable pour que ce dossier avance enfin. Le Parti libéral du Canada a confirmé son intérêt pour le sujet en votant une autre résolution prioritaire lors de son dernier congrès. Le budget 2018-2019 du ministre des Finances Bill Morneau annonçait en outre, en mars 2018, la création d’un comité consultatif sur la mise en œuvre d’un régime d’assurance médicaments national. De plus, de nouvelles études sortent tous les mois confirmant que les Canadiens, et particulièrement les Québécois, paient beaucoup trop cher pour leurs médicaments : par exemple, celle-ci de 2017 qui nous informe que nous payons au Canada 60% plus cher qu’en Suède et 84% plus cher qu’en Nouvelle-Zélande. Le Québec, quant à lui, dépense 35% de plus que ses voisins des autres provinces pour ses médicaments.  C’est très préoccupant.

Ce dossier doit faire partie des priorités de nos élus. Aidez-nous à faire en sorte qu’il prenne le dessus de la pile. Il s’agit d’une question de santé publique, de contrôle des dépenses publiques et privées actuelles et à venir, et, de plus en plus, une question de préoccupation pour les employeurs de la province. 

En effet, lors d’une conférence récente , le conseiller principal d’une entreprise de services actuariels, M. Yanick Comeau, révélait que le coût des assurances collectives représente aujourd’hui entre 6% et 12% de la masse salariale, contre 2% à 5% dans les années 90. En réalité, dans les 20 dernières années, les hausses de salaire ont été inférieures à la hausse moyenne des coûts de l’assurance collective, nous a-t-il informés. 

Ceci dans un contexte où une forte iniquité s’observe notamment dans les milieux de travail regroupant un petit nombre d’employés, où ceux qui sont atteints de maladies chroniques font augmenter les primes de tous à cause de leur état de santé ; ou encore chez les travailleuses et travailleurs à temps partiel ou à statut précaire qui se voient imposer des primes qui ne tiennent pas compte de leur revenu. 

Entre 2008 et 2016, selon TELUS Santé, les coûts des régimes privés ont crû de 23% de plus que ceux du régime public du gouvernement du Québec. 

En somme, voici ce qu’il en est du régime hybride public-privé d’assurance médicaments du Québec :

Public - vs - Privé

À consommation égale, l'écart au point de vente, les frais et les taxes,

résultent en des coûts d'au minimum 35% plus élevés pour les régimes privés.

Source : une des diapos du conseiller principal des services actuariels SAI, mars 2018.

On comprend aisément pourquoi les employés et les employeurs sont nombreux, depuis quelques années, à se plaindre des augmentations constantes des primes d’assurances collectives et à réclamer des changements. Dans une réponse de janvier 2018 à une chambre de commerce ayant acheminé sa lettre d’appui, le sous-ministre adjoint, Luc Castonguay, continue pourtant d’affirmer que le régime actuel constitue un facteur d’attractivité de la main d’œuvre... 

Les entreprises et les employés n’ont pas à supporter ces hausses de coûts des assurances collectives. Surtout pas dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où l’offre salariale et les avantages sociaux sont des éléments de concurrence plus importants que jamais.  

Il existe une solution qui a fait ses preuves dans tous les pays de l’OCDE qui l’ont adopté : un régime d’assurance médicaments entièrement public. 

En dépit de ces faits probants, le gouvernement du Québec agit très timidement et à la pièce, malgré l’urgence et les gains à réaliser. 

Rappelons que la mise en place d’un régime entièrement public permettrait au Québec d’économiser jusqu’à trois milliards annuellement. En plus, une étude réalisée en 2014, sur les impacts économiques de l’implantation au Québec d’un régime entièrement public d’assurance médicaments, par la firme DAMÉCO, démontre qu’il y a possibilité pour le gouvernement de transférer l’ensemble des Québécois dans son régime public, À COÛT NUL .

Bref, il ne manque que le courage politique d’agir et de faire le pas décisif vers une réforme importante de notre régime d’assurance médicaments.  Il est plus que temps d’adopter les meilleures pratiques internationales, ayant fait leurs preuves depuis longtemps, pour améliorer la santé de nos finances publiques. Les économies ainsi réalisées nous permettront de préserver nos services publics et d’assurer le développement durable de nos régions. 

Convaincus de l’importance que vous accordez aux enjeux économiques touchant vos membres, nous vous invitons à jouer un rôle actif dans cet important dossier en appuyant officiellement la mise en place d’une assurance médicaments entièrement publique au Québec. Une lettre type d’appui est d’ailleurs jointe à la présente : n’hésitez pas à la signer, et à l’envoyer au ministre de la Santé en nous mettant en copie conforme. 

Solidairement,

 

Jacques Benoit

Coordonnateur

Coalition solidarité santé"